sens-democratie-600Des citoyens de l’association Démocratie Réelle sont allés à la rencontre des français dans la ville de La Rochelle afin de leur demander ce qu’est, selon eux, la démocratie. Les réponses qu’ils ont entendues traduisent dans l’ensemble une compréhension plutôt floue de ce que signifie la démocratie : entente entre les peuples, (système dans lequel) on écoute les gens du peuple, (système dans lequel) chaque citoyen à le droit de choisir et de s’exprimer, débat entre les citoyens afin de participer à la gestion de la cité, ça régule les relations entre les gens de telle sorte que les plus fragiles soient protégés, une ouverture d’esprit et une liberté d’expression, la possibilité de choisir son gouvernement, la liberté d’exprimer ses revendications, le pouvoir au peuple, la capacité pour chacun de pouvoir s’exprimer et d’être entendu, la liberté de vivre sa vie sans empiéter sur celle des autres, le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple, …

Il est clair que la question n’est pas claire dans l’esprit de beaucoup de français. Paradoxal dans un pays qui se prétend démocratique depuis plus de deux siècles et où « la démocratie » est le thème de (presque) tous les éditoriaux et de (presque) tous les débats publiques.

A la question subsidiaire « pensez-vous que nous soyons en démocratie ? », voici ce que les quelques françaises et français interrogés répondent :

  • « Oui et non – pas tout le temps. »
  • « Oui, oui, même s’il y a le feu. »
  • « La démocratie s’éloigne du citoyen et se rapproche du consommateur. »
  • « Oui, puisqu’on a la liberté de penser et de voter (et ce n’est pas donné à tout le monde). »
  • « J’ai pas d’avis, je suis désolée. »
  • « Oui, je pense qu’on est en démocratie, parce que j’ai pas mal voyagé, c’est largement pire ailleurs (même si ce n’est pas parfait ici). »
  • « Non, non, ça me parait évident (qu’on n’est pas en démocratie). Aujourd’hui plus du tout, si tant est qu’on l’ait été un jour, ce qui est loin d’être évident. »

Dans l’ensemble, et surtout après avoir rappelé le sens vrai du terme (démôs = le peuple + kratôs = le pouvoir, soit le pouvoir du peuple), beaucoup répondent clairement « non » à cette question, parfaitement conscients que le peuple ne dispose pas de réels pouvoirs dans le régime politique actuel ; d’autres au contraire pensent tout de même que oui, même si les élus écoutent peu (ou pas) les revendications et les besoins des gens (du peuple). Il y a une certaine conscience, en les écoutant, que même si certains élus y mettent de la bonne volonté, le système ne fonctionne pas (ou plus).

Pour autant, ce qui se dégage de ce micro trottoir est la tempérance des gens, même de ceux qui sont les plus lucides sur la nature non démocratique de notre régime prétendument représentatif. Le peuple aurait plutôt tendance à se mettre à la place des élus pour excuser leur incompétence et leur incapacité à produire des politiques favorables au bien commun. On sent qu’il y a encore, dans l’esprit d’une partie des gens, l’emprunte de la propagande du régime (prétendument) représentatif qui continue de se vendre (trompeusement) comme étant démocratique et jouant sur l’ignorance encore fort répandue des français sur ce qui caractérise et définit une vraie démocratie, et cela même s’ils sont conscients que « quelque chose ne tourne pas rond ». Néanmoins, on sent aussi l’expression d’un désir de faire autrement, de changer de système, ou au moins de le réformer pour qu’il soit plus démocratique, c’est-à-dire plus proche des citoyens, de leurs intérêts et du bien commun et moins soumis aux banques, aux lobbys et aux riches. L’idée d’un régime politique faisant notamment appel à la participation des citoyens via le tirage au sort séduit plusieurs des interlocuteurs de l’équipe de Démocratie Réelle.

Rappelons que l’association Démocratie Réelle présente aux élections des listes de candidats tirés au sort (volontaires) dont le seul « programme » est (s’ils étaient élus) de mettre en place des institutions permettant de rendre le pouvoir au peuple, notamment pour réécrire une Constitution. Leur démarche vise surtout à faire prendre conscience aux citoyens de leur capacité à prendre leur destin politique en main, dans le sens de politeia, terme grec désignant « l’art de gérer en commun la cité », en opposition au terme politikè « l’art de gérer le pouvoir ».

Pour plus d’informations :

Morpheus

www.democratiereelle.fr

democratiereelle17@gmail.com

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