Les médias nous le rabâchent depuis une vingtaine d’années. Lors du 21 avril 2002 tout le monde avait feint la surprise et le décrié Jacques Chirac ( qu’il nous arrive de regretter lorsqu’on voit ses successeurs) se verra reconduit à la présidence avec un score équivalent à celui de dictateur président africain. Dans le contexte actuel, sans chercher à être alarmiste, le Front National est en position de force. Ce parti, qui a commencé avec moins de 1% d’intentions de vote, serait en passe de réaliser des coups d’éclats lors des prochaines élections, plus de quarante ans après sa création.

Les récentes polémiques autour de la catégorie où il faudrait placer ce parti (Droite, Gauche, Extrême-Gauche, ou Extrême-Droite) sont puériles au possible, aussi bien du côté des adversaires qui se divisent en résistants de salon et militants antifascistes dont les actes plus les propos n’ont rien à envier à ceux de leurs alter-égos, que de celui du parti concerné dont l’acceptation des critiques est quasi-nulle puisque comme n’importe quelle formation, principe énoncé par Carl Schmitt, on suit une dialectique qui divise le monde en deux : amis ou ennemis.

Officiellement, le Front National aurait été crée en 1972 par Jean-Marie Le Pen. Visiblement, c’est une émanation d’Ordre Nouveau. Jean-Marie Le Pen est issu du Poujadisme, un mouvement politique qui tire son nom de son leader Pierre Poujade et qui luttait en faveur des petits (artisans, commerçants) contre les grands (groupes industriels) en plus de prôner un antiparlementarisme viscéral. Le passé de Jean-Marie Le Pen au sein de l’armée française durant les guerres d’Algérie et d’Indochine font polémiques – respectueux des adversaires pour les uns, tortionnaire pour les autres. Ordre Nouveau, rien que le nom en dit long, était un ordre néo-fasciste arborant la Croix-Celtique comme emblème et qui comportait un grand nombre d’anciens étudiants venant d’Occident, puis du GUD (Groupe Union Défense). O.N. a été dissous par décret ministériel suite à la rixe du 21 Juin 1973 qui l’opposait à des étudiants communistes menés par Alain Krivine.

Officieusement, les journalistes Pierre Péan et Philippe Cohen, ou encore le président de l’Union Populaire Républicaine, François Asselineau, ont déclaré que l’émergence du Front National aurait été plus ou moins décidée par François Mitterrand afin de couper l’herbe sous le pied de Jacques Chirac (lequel lui avait bien servi lorsqu’il fallut gagner contre Valéry Giscard d’Estaing en 1981). Ce qui est attesté, en revanche, est son goût porté sur la provocation au relent anti-intellectualistes bien avant la fameuse polémique du Point de Détail  « La France est gouvernée par des pédérastes : Sartre, Camus, Mauriac » (L’Express, 18 mars 1955). Jusque-là, contrairement aux inepties formulées par certains antiracistes primaires, JMLP est né le 20 juin 1928 à La Trinité-sur-Mer (donc bien trop jeune pour avoir revêtu un uniforme de milicien collaborationniste), et sa première action politique sera de vouloir s’engager à 16 ans aux FFI (Forces Françaises de l’Intérieur) ce qui lui sera refusé puisque une mesure voulait que les volontaires devaient avoir minimum 18 ans. Encore, et contrairement à ce qu’on entend chez certains anti-lepeniste, le personnage est volontiers déconneur (comme l’attestera Claude Chabrol) et connaît certainement mieux l’histoire de France que grand nombre de pseudo-intellectuels narcissiques.

Parenthèse : il a été longtemps considéré comme l’élu le plus jeune du haut de ses 27 ans, record battu aujourd’hui par sa petite fille âgée alors de 22 ans.

Pour prouver l’authenticité de son  patriotisme JMLP démissionnera de son poste d’élu pour s’engager dans l’armée, chose qui serait encore impensable chez nos élus actuels favorables à une intervention en Syrie. Si on devait situer la pensée de JMLP, globalement, elle oscille entre le populisme grivois et un certain traditionalisme organique qui puise ses racines dans la féodalité. Il a dirigé également la SERP (Société d’Études et de Relations Publiques), une société de disques spécialisée dans la diffusion de chants traditionnels et militaires (en liquidation judiciaire depuis 2000).

Le Front National de JMLP répétera l’exercice Poujadien qui consiste à monter au créneau dès lors que la gauche et la droite sont dépassés. Il sert d’épouvantail. Ses thèmes phares sont l’immigration massive, l’insécurité galopante, et très vaguement un mixage de conservatisme patriarcal assorti d’anticommunisme désuet et de provocations à deux centimes qui serviront de caution à la pantomime d’une gauche antiraciste. Néanmoins, JMLP parviendra à réunir toutes les tendances de l’extrême-droite autour de sa personne, à condition qu’elles n’essaient pas de miner son entreprise : on aura des royalistes, des nationalistes-révolutionnaires, des catholiques intégristes, des nostalgiques du paganisme, des maréchalistes, etc. Courants qui, en temps normal, ne peuvent pas se voir en peinture et qui se taperaient sur la gueule si la bêtise des antifas n’était pas là pour apporter la réplique à la leur. Ce FN là, aujourd’hui, ne pourrait plus culminer à plus de vingt pour cent des intentions de votes et se déclarer premier parti d’opposition. L’image de l’homme raciste collera dès le départ au chef.

Mais c’est oublier qu’il est le premier homme politique à avoir soutenu la candidature d’un ancien combattant d’origine algérienne, Ahmed Djebbour. C’est très compliqué.

Chez JMLP la valeur individuelle et l’origine de l’individu se superposent – ce qui nous parait aujourd’hui contestable, car les racines d’un individu ne jouent en rien sur son quotient intellectuel, ou du moins sur son comportement qui relève d’une équation incluant la mentalité et l’environnement dans lequel il a grandi. Nous faisons donc face ici à la vieille logique assimilationniste – et paternaliste – de l’ère coloniale plutôt qu’à la pureté raciale véhiculée par Hitler. Néanmoins, l’immigration est dénoncée en tant que phénomène de masse. Vite fait l’immigration massive est accusée d’engendrer du chômage, de l’ultra-violence, et donc le déclin de la Nation. En réalité, le Front National c’est aussi une histoire de numéro deux.

Outre la personnalité écrasante du leader ce sont les numéro deux qui configureront ce parti à leur image, du moment qu’ils aient la grâce du Chef. Jusqu’à changer son statut pour devenir Président d’Honneur en 2011, JMLP aura eu sous ses ordres sept lieutenants qu’il alignait en première ligne : l’ancien doriotiste Barthélémy, Duprat – tendance nationaliste-révolutionnaire – auquel on doit la formule « Un million de chômeurs, un million d’immigrés », Stirbois, Mégret pur produit du GRECE (Groupement de Recherche et d’Études sur la Civilisation Européenne) qui ne s’est jamais privé de faire entendre sa vision racialiste, Lang, et enfin Gollnisch.

Mais ce FN n’est vu que comme un outil de protestation par la majorité des votants. Qui ne se souvient pas d’avoir entendu « Je vais voter FN au premier tout parce que j’en peux plus… bon au deuxième je prendrais le moins pire, car sinon ce serait trop extrême ». Personne de censé ne voulait voir son destin confié aux mains d’une formation pour qui les individus doivent obéir, quoiqu’il advienne de leurs droits, et craindre la colère d’un vieux dieu terrible.

La scission avec Bruno Mégret, puis l’après 2002, marqueront une période de mutation fortement mise en difficulté par l’hyper-médiatisation de Nicolas Sarkozy définit comme l’Homme de la Providence jusqu’aux élections présidentielles de 2007, où le FN ne dépassera pas la barre des onze pour cent et sera même battu par l’UDF de François Bayrou – score qui, quand même, permet les remboursements de campagne. Durant les années 2000 le FN ne sera plus que l’ombre de lui-même avec un leader vieillissant – on mettra même en vente le QG historique pour vous dire. Le FN peinant à convaincre ira même jusqu’à chercher des voix au sein des cités qu’il avait pour coutume de démonétiser ( et ceci notamment au-travers du ralliement de Dieudonné).

Il faudra donc attendre les méfaits de la Sarkocratie et en particulier le souhait de JMLP de prendre sa retraite après l’élection d’un nouveau leader. Cette élection était quitte ou double : ou bien c’est le traditionaliste Gollnisch  fin connaisseur du Japon féodal… ou bien c’est Marine que, justement, les plus traditionnels n’aiment guère. Certains militants quitteront le front, plutôt contrits qu’un parti prétendument populaire mette en place une dynastie. Avec le recul aujourd’hui, on voit clairement que les mass-médias ont choisi de mettre en avant MLP plutôt que son rival, compte tenu de l’impact socio-médiatique : un parti qui proposait à chaque citoyenne française de faire un choix entre le statut de mère au foyer-bobonne (vache à lait quoi!) et de salariée, et qui – sans le dire – considérait la femme comme inférieure à l’homme, présente une femme comme candidat. C’est autre chose sur le plan communicationnel (que d’évidence Gollnisch ne maîtrisait pas).

Sans surprise, MLP remportera le siège de la présidence et sera la deuxième cheftaine  du parti… qui n’a compté qu’un seul président pendant plus d’une trentaine d’années (le pouvoir est l’aphrodisiaque suprême dixit Henry Kissinger).

Plus pragmatique que son père, connaisseuse du droit de par sa formation d’avocate, la stratégie de la fille est différente car elle ne veut plus faire du FN un parti de contestation et pour cela il va falloir le rendre plus « acceptable« .  On appelle ça la stratégie de dédiabolisation. MLP souhaite mettre fin à tout ce qui visuellement parlant peut ternir l’image de son parti (comme certains éléments jugés trop radicaux). Montrer des signes d’ouvertures. Donc réorganiser l’organigramme en ne nommant pas un numéro deux, mais plusieurs vice-présidents, et de préférence des jeunes cadres dynamiques au fait des problématiques de la société plutôt que des vieux rabat-joies aigris. On a franchi un palier. Ce front-là ne se contente plus de jouer les trublions, il veut être le principal parti d’opposition et tient à répondre présent sur tous les sujets d’actualité autres que ceux de l’immigration massive et de l’insécurité (vis-à-vis desquels, cependant, il cherchera toujours à créer des passerelles). En clair la stratégie de ce nouveau FN, qui veut paraître plus acceptable, va profiter des erreurs de calcul de ses détracteurs acharnés. Ces derniers – certains étaient d’anciens soixante-huitards- ayant déjà fait la bourde monumentale de leur déléguer la notion de patriotisme via l’équation suivante : drapeau tricolore = racisme, et donc nostalgie du Troisième Reich. La preuve sera avec le vice-président Louis Aliot qui effectuera un voyage en Israël, chose qui aurait été impensable du temps de l’ancien front, alors qu’au moindre fait divers impliquant des skinheads le FN continue à être montré du doigt.

Avec cette idée « toute faite » qu’il s’agit du principal parti de l’opposition, on finit par le mettre en position de seul opposant au système… au grand dam d’autres formations politiques qui seraient bien plus légitimes : UPR, DLR, M’PEP, S&P, PRCF, POI, ou les Indignés s’ils avaient recopié le modèle espagnol plutôt que de céder aux tendances internes qui ont tué la révolte dans l’œuf (et qui ont plus ou moins été commanditées par certains pseudo-partis d’opposition satellitaires du système qu’ils prétendent combattre).

Le FN est-il d’extrême-droite?  Voilà une question pour laquelle se déchirent les opposants qui crient à de futures Kristallnacht et le parti concerné dont la présidente menace de poursuites judiciaires toute personne morale ou physique qui soutiendrait cette théorie. Essayons d’y répondre.

Grosso modo, les formations d’extrême-droite tournent autour de trois axes qui les distinguent des autres formations politiques. Le premier est l’antiparlementarisme au profit d’un régime plus transcendantal (le Roi pour les royalistes, le Guide pour les adeptes d’un esprit national – quelque chose). Le second, moins mis en avant, est le Jus Sanguinis (Droit du Sang) qui divisent les royalistes et les intégroïdes (certains sont assimilationnistes, d’autre pas) et sur lequel sont assez d’accord les Identitaires, les Nationalistes-Révolutionnaires, et ceux qui sont plutôt tournés vers certaines formes de paganismes antérieures aux formations des religions monothéistes – mais encore que ce principe de Jus Sanguinis subdivise les formations : les Identitaires penchent plutôt pour une sorte de bloc eurosibérien composé de régions marchant au principe Athénien. La troisième est l’inégalité naturelle entre les individus (homme, femmes). Si on compare la doctrine du FN avec ces trois principes… on n’y est plus vraiment.

1) Le FN ne parle pas d’instaurer un régime transcendantal, et l’antiparlementarisme d’antan est mis en sourdine… Toutefois…

2) MLP n’a jamais parlé de Jus Sanguinis, sinon elle ne chercherait pas à capter les voix des Français issus de l’immigration. Historiquement, le FN a toujours reconnu qu’il pouvait exister des Français de toutes origines… Toutefois…

3) Sur les rapports hommes-femmes on parle plutôt de complémentarité que d’égalité… Toutefois…

Toutefois:

1) Le FN est à l’avant-poste dès qu’il faut tirer à boulets rouges sur ses homologues.

Comme n’importe quelle formation politique, les cadres du FN sont convaincus par leurs certitudes absolues, et se prennent pour les futurs dépositaires de l’autorité à mettre en place – nous le voyons dans ces débats où les intervenants caquettent comme des poules. Il faut voir leur agressivité envers le moindre tiers leur adressant une critique : et je te rentre dedans pour montrer que hein !

De même que cette manière de dire « attention, ceux qui disent ceci ou cela » va au contraire augmenter la surenchère des déclarations puériles, en plus de donner raison à certains détracteurs qui après pourront dire « voila la démocratie selon le FN ».

Récemment, le FN a fondé un collectif traitant des questions de l’éducation scolaire : Racine. Pour résumer c’est port de l’uniforme, le professeur – qui a l’autorité absolue – parle et l’élève se tait. L’inverse du modèle soixante-huitard qui nous a intronisé la figure de l’Enfant Roi. On atteint l’excès avec Christian Bouchet qui voudrait réinstaurer la séparation des sexes dans les écoles (partie 2, à partir de la quinzième minute). De l’autorité, disons-le, il en faut. Certes, un professeur n’est pas là pour se faire insulter copieusement, et la question du vouvoiement est assez intéressante dans la mesure où elle insiste plus sur les distances à tenir. Cependant, un professeur n’est pas là pour faire constamment la police ou pour avoir des comportements déplacés envers ses élèves obligés à tout encaisser en fermant leur gueule au nom d’une pseudo-morale. Il ne faudrait pas oublier non plus que c’était précisément sous l’époque des uniformes que se produisaient les maltraitances corporelles et psychologiques (encore en vigueur dans certaines écoles religieuses), ou les abus sexuels, et que tout ça, mes aïeux, c’était tabou. Tabou parce que certains parents avaient été configurés par ce modèle-là lorsqu’ils étaient enfants, et que parler de ces traumatismes, c’était mal-vu. Car la jeunesse représente toujours l’avenir d’une société !

2) Sur la question ethnique le FN lorgne sur une logique assimilationniste. Mais si on décrypte bien c’est aux immigrés souhaitant s’insérer dans la société ou aux français issus de l’immigration de prouver deux fois plus que tout autre citoyen qu’ils portent la France dans le cœur.  Lorsqu’on entend le discours de Louis Aliot c’est aux autres de faire l’effort et après on les acceptera: « Je suis persuadé qu’il y a des étrangers parfaitement assimilables à la Nation France et ça demande des efforts et de faire des sacrifices sur soi, sur sa culture et sa façon d’être au quotidien».

Or, l’acceptation, elle est mutuelle et se passe de rapports hiérarchiques entre individus/citoyens.

De plus, l’actuel FN est composé d’une tendance souverainiste dure… et d’une branche identitaire qui sert de passerelle à d’autres formations qui apporteront leurs voies sous conditions (combattre l’islamisation de la France, et de surcroît l’allogénisation de la France puisque de facto la majorité des populations extra-européennes et non-blanches sont assimilées à l’Islam). Sans négliger la contribution de Riposte Laïque, qui par une propagande virulente assimile l’Islam aux pires déviances du genre humain : pédophilie, terrorisme, mise à mort, misogynie.

 

Sur la question Juive (et de la Shoah) on essaie de gommer la swastika collée au front. D’abord par une série d’interviews où on reconnaît que ce serait le plus grand drame humain, ensuite par un vice-président qui se rend en Israël, et par une tentative de mise en avant de l’UFJ (Union des Français Juifs)… qui échouera face au fait d’y trouver des sympathisants d’Alain Soral et aussi par des accusations d’antisémitisme à l’égard de Florian Philippot et de Marion-Maréchal Le Pen qui dénonçaient le rôle néfaste de la nébuleuse Goldman-Sachs. Pour tout dire les rapports entre le FN et l’extrême-droite sioniste auraient pu inspirer Gainsbourg : si MLP apparaît comme une candidate crédible pour combattre l’Islam, la même extrême-droite sioniste s’en voit plutôt contrariée à voir certaines personnes graviter autour.

3) Il y a d’abord cette insistance à dérembourser l’IVG, manière d’envoyer des signaux à la fois aux défenseurs de l’avortement et aux chrétiens traditionalistes. Ensuite, le FN souhaite soutenir une politique assez nataliste, ce qui n’irait pas sans frustrer les femmes qui veulent s’émanciper puisqu’elles seront d’avantage confrontées à la proposition énoncée plus haut (soit mère au foyer, soit travailleuse) tandis que l’homme est vu comme le chef de famille et que sa position ne saurait être remise en cause. En Suède, l’alternative est aussi bien proposée au père qu’à la mère. Même sans idéologie derrière, le principe égalitariste bât de l’aile dès lors qu’on prend connaissance des facteurs tels que l’alcoolisme, le taux de suicide d’adolescents, et le féminisme castrateur. Avec le FN on énonce clairement le retour au bon vieux patriarcat.

Bref, le FN est plutôt un parti très conservateur. A la droite de l’UMP, à la gauche du Bloc Identitaire et du Parti de la France. Si des formations, des think-tanks, ou des couches de populations différent(e)s soutiennent le FN, c’est non par adhésion totale pour son programme mais parce que ce parti leur apparaît comme étant le moins pire du système. Ainsi, une grande majorité des partis qui votaient PC et qui se disent – n’ayons pas peur des mots –  » baisés par le système » (et en premier par la gauche qui les a délaissé pour des pitreries boboïsantes) sont prêts à amplifier les urnes par des votes FN, or ces ouvriers ne sont pas spécialement xénophobes…

Posons alors une autre question : le FN fait-il partie du système?

Constatons que:

1) Même s’il y a toujours des problèmes d’obtentions des parrainages, le FN parvient toujours à se présenter à chaque élection présidentielle et son budget a de quoi lui faire placer des candidats, voire des listes, aux autres élections. Tandis que les autres petits partis paient leurs indépendances en étant systématiquement refoulés. Participer à une campagne électorale ce serait prendre de gros risques compte tenu que les frais de remboursements ne sont appliqués qu’à partir d’un certain pourcentage (5%). Quant à Tartampion, inconnu du grand public, le système veut que s’il parvient à récolter un parrainage cela relève de l’exploit.

2) Les hauts-membres du FN sont fréquemment invités sur des plateaux d’émissions. Ceux des autres partis contestataires peanuts butter. Tartampion, n’en parlons pas!

3) Les journalistes contempteurs du FN se sont intéressés de près à une éminence grise de Marine Le Pen, ancien cadre du GUD, et particulièrement une (nommée chevalier des arts et des lettres) qui devra indemniser ladite personne après l’avoir décrit en des termes peu flatteurs. Procédé stupide nous en conviendrons, car au final c’était l’intégrité physique du citoyen qui était mise en cause ( qu’est-ce qu’un lecteur informé en aurait à f*** du statut marital de Pierre, Paul, ou Jacques).

« Le lobby sioniste (aux ordres duquel est la presse française) rêve de déstabiliser votre magnifique pays. Tous ceux qui participent directement ou indirectement à ces manifestations se font complices de ce lobby ».

Effectivement le GUD n’est pas connu pour avoir des positions en faveur de la Paix dans le Monde. Ses actions ne tournent pas autour de la condamnation des exactions du IIIe Reich, et dans certaines bouches, «lobby sioniste» peut avoir un sens plus qu’ambigu, mais arrêtons d’être hypocrite une seconde et disons-nous bien que certains de ces réseaux d’influence (industriels, énergétiques, politiques, religieux, etc) posent un sacré problème d’éthique pour la démocratie et ses principes égalitaires, et que les journalistes ne faisant plus leurs boulots depuis des décennies ne doivent plus s’étonner d’être taxés de vendus. Dans une certaine mesure je peux donner raison à Marine Le Pen, je ne suis pas censé savoir – au préalable- quelles sont les opinions politiques de mon plombier ou de ma boulangère, et pour reprendre Serge Ayoub c’est pas parce que j’ai parlé à mon coiffeur que j’étais en mesure de savoir qu’il était tueur en série à ses moments perdus (dois-je préciser que je suis chauve pour être innocenté de toute sympathie envers les coiffeurs tueurs en série?). Par-contre, nos contempteurs du FN feraient de bien meilleurs travaux s’ils se penchaient sur le cas du GUD dans sa globalité. Dans un article du site antifasciste RefleXes il y a cette drôle de phrase:  

« L’histoire pluri décennale du GUD fourmille en effet d’anecdotes de barbouzeries et de relations ambigües avec les « services » français ».

Fut un temps me direz-vous où le quart du tout Paris donnait des renseignements, et à ce jeu-là, forcément, je vous défie d’organiser des ratonnades puis prendre contact avec des dictatures afin de profiter de leurs largesses – ceci sans avoir à répondre de vos actes devant une autorité judiciaire sachant que toute aide de la part d’une puissance étrangère est formellement interdite (ce qui n’est rien comparé à certains politiciens qui ont reçus des valises pleines de billets, ou d’une société en ingénierie informatique soupçonnée d’avoir vendu du matériel à des dictatures pour qu’elles traquent leurs opposants ). Récemment, une enquête de Médiapart parle de la GUD Connection, où il est dit qu’en gros MLP aurait confié la gestion de son système communicationnel et financier à des anciens membres du GUD.

« Vingt ans plus tard, la communauté des gudards forme un clan qui mêle amitié, réseaux politiques et business. Ses membres possèdent de nombreuses sociétés où les actionnariats se croisent et où les uns font travailler les autres. Quand ils ne travaillent pas pour le Front national, ou plutôt pour Marine Le Pen, qui a promu dans l’ombre toute cette « génération …» ».

Tiens, d’ailleurs, savez-vous qui est à l’origine du concept de dédiabolisation… Je vous le donne dans le mille : un ancien membre du GUD. Au temps où celui-ci était lycéen, il avait fallu faire venir au nationalisme ceux qui s’effarouchaient à la vue d’une croix celtique, ce qui fut fait en 1974 par la création du Comité de Défense des Lycéens afin de rendre la chose plus présentable.

Alors on parle de réseaux d’énarques, de réseaux maçonniques, ou de réseaux trotskistes… mais nous avons aussi des réseaux gudards tout aussi innovants.

Nous gagnerions énormément à traiter le FN comme n’importe quel parti de l’échiquier politique… et à reconnaître le Vote Blanc aussi !

Florian

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