En Egypte, aujourd’hui, les autorités policières ont reçu l’ordre de déloger les manifestants qui occupaient plusieurs places au Caire depuis un mois environ. Les policiers ne se sont pas contentés de gaz lacrymogènes, puisqu’ils ont également tiré à balles réelles sur les manifestants. Les premiers bilans, contradictoires, font état d’au moins 300 morts (dont une cinquantaine de forces de l’ordre), ainsi que des milliers de blessés ; mais ce bilan pourrait très largement s’alourdir dès demain, les Frères Musulmans évoquant le chiffre de 2 200 tués et de plus de 10 000 blessés. Le pouvoir a décrété l’état d’urgence, ainsi qu’un couvre-feu d’un mois.

Les forces de l’ordre ont donc tiré sur des partisans de Mohamed Morsi, ce qui constitue un massacre inacceptable de la population ; malheureusement, on peut craindre une guerre civile si les événements continuent à dégénérer de la sorte.

La place Rabaat Al-Adalwiya est maintenant sous le contrôle des autorités, mais la situation reste confuse. La « communauté internationale » condamne cet acte de barbarie et demande l’arrêt des violences.

Des manifestants pro-Morsi, après le début des violences (mercredi 14 août 2013)

Horrifié par ce massacre, le vice-président et prix Nobel de la paix, Mohamed ElBaradei, a présenté sa démission. « Il m’est devenu difficile de continuer à assumer la responsabilité de décisions avec lesquelles je ne suis pas d’accord », a-t-il écrit au président Adly Mansour.

D’après le journal Le Monde, malgré les précautions prises par le pouvoir en place pour éviter une contagion des violences, de nombreux heurts ont éclaté dans le reste du pays. La communauté copte semble particulièrement visée, des églises ont été brûlées dans plusieurs villes.

Sandrine Mahieux

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